Depuis la dernière fois que j'ai écrit ici, j'ai eu le temps d'écouter Woody Allen jouer de la clarinette, et d'entendre un faux Tom Waits chanter du Tom Waits comme (je croyais) seul Tom Waits devrait savoir le faire, et de grimper le mont Marcy dans son entièreté, avec Skylight en prime, pour neuf heures de rando à un rythme très respectable et une cuisse droite raquée deux jours. J'ai aussi eu le temps d'avoir 28 ans et de manger avec des amis pour "célébrer" l'occasion, et de jouer quelques parties de tennis avec Alex ou avec Do. Même une avec mon chum avant que sa cheville ne lui rappelle que le super héros qu'il est doit s'économiser en vue de guérir une fois et pour de bon.
Bref, j'ai un genre d'été occupé, mais occupé relaxe, bizarre donc, à la limite, avec de vagues projets que tous mes sens guettent, et qui semblent n'exister pour le moment que dans un futur relativement proche, mais pas trop défini.
J'ai réfléchi à deux ou trois choses, heureusement, depuis un mois, ce qui me donne quand même l'impression que j'ai encore une raison d'écrire ici.
D'abord, je suis allée pêcher et j'ai réfléchi à l'immobilité et au plaisir (et à la complexité) de pêcher un poisson. Je veux dire, c'est tellement grand, une rivière. Il faut avoir l'esprit un peu dingue, être limite un fou, pour y tendre une ligne avec un ver et vraiment croire que ça va mordre! Pour ma part, je me suis limitée à harponner un pauvre méné qui a eu le malheur d'enfiler sa branchie sur mon hameçon. Ça fait penser au destin, hein. Le pauvre était vraiment là au mauvais moment.
Ensuite, je suis encore allée marcher, comme je l'ai mentionné plus haut. Mardi, par une journée de beau temps absolu : visibilité à des kilomètres, nature verte et verte et encore plus verte, bouts de branche de sapins carrément fluo, et plein, plein de fleurs. La marche m'a fait réaliser une chose. J'ai confiance en la nature. Elle ne déçoit jamais. Je veux dire, je me suis trouvée parfois blasée de voyager, de prendre l'avion ou le train, de voir encore une église en Europe. Veux, veux-pas, on s'y fait, on s'y habitue. Mais on ne s'habitue pas à la nature qui est en constant mouvement, qui change tout le temps, qui est la vie à l'état pur et, en même temps, l'immobilité, l'éternité. Les tas de petites fleurs blanches qui bordaient les sentiers dans les Adirondacks m'ont impressionnée par leur vitalité, leur acharnement à pousser à une telle altitude. Leur force d'adaptation qui fait d'elles des fleurs plus petites et plus tardives que d'autres m'a aussi saisie. J'ai eu la très forte impression que tout était possible, qu'il fallait avoir confiance en la nature - je ne veux bien sur pas suggérer de ne pas veiller à la préserver ou la défendre. Je veux dire que sa force est évidente et multiforme.
Et puis, la nature est funky. Sur des troncs d'arbre qui gisaient en travers du chemin, il y avait parfois de ces champignons... tout droit sortis des années soixante-dix. En arc-en-ciel, dégradés, du brun au orange au jaune - le tapis dans le sous-sol de vos grands-parents peut se rhabiller. La nature, y'a que ça de vrai.
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