La semaine dernière, j'ai décidé de me désabonner du devoir, parce que je le trouvais lourd, et dans la vie, des fois, j'en ai marre, du lourd. Je me suis donc tournée vers le léger, j'ai commencé à porter du gloss et j'ai acheté, dans la même semaine, le Elle québec et le Clin d'oeil. Et j'ai trouvé ça déplaisant.
On a beau dire que ça détend, que c'est un genre de péché mignon que de lire des revues de ce genre, force m'est de constater que ça m'apporte, à moi, très peu de plaisir. J'aime les pages glacées de la revue. J'aime qu'elle sente un peu le papier, un peu le parfum. J'aime bien essayer les échantillons gratuits qui viennent parfois avec. Je suis emballée par le prix dérisoire de l'abonnement. Et j'ai pris un bain avec mon Elle, même si je trouve que ça fait tellement stéréotypé que je m'attendais à me voir ensuite à la télé comme personnage de téléroman.
Mais. Plein de choses me dérangent dans ces revues. Les produits qu'on nous y présente, le shopping érigé comme activité plaisante (alors que c'est tellement emmerdant) et nécessaire à la vie. Les articles sur Les grandes femmes. Je ne trouve pas que la division du monde en deux, femmes d'un côté, hommes de l'autre, est pertinente. Alors les articles juste sur les femmes, s'ils ont le mérite de faire connaître leurs accomplissements (tant mieux) m'emmerdent parce que l'actualité est aussi le produit de l'accomplissement des hommes, et que c'est pas parce que c'est le sexe opposé qu'on doit en faire abstraction - on me montre une seule facette de la réalité et on tente de faire larmoyer la féministe en moi. Échec. Je n'aime pas non plus les articles qui prennent pour acquis que je suis à la fois une femme de carrière et une cuisinière reine de beauté, même si c'est vrai, parce que c'est ma réalité et que donc, ça m'emmerde. Et que lors d'une semaine où je suis débordée et où je sens qu'on me vole ma vie (on étant : les horaires, le transport, les cours à l'université ou au cégep, les obligations sociales, tout ça empilé et malaxé), ça ne me rassure pas de savoir que je fais partie d'une "communauté" qui vit les mêmes choses, parce que ça donne un parfum de normalité à une situation que j'aimerais savoir passagère, anormale, et tendant vers le changement. La vision de la femme accomplie qui est propagée par ces revues me dérange au plus haut point. J'en ai marre d'être "performante", je ne suis pas une voiture, merci de me mettre de la pression en me rappelant tous les mois de a) bien travailler b) bien baiser c) bien m'entraîner d) bien me maquiller e) me chouchouter f) me faire confiance g) ....
Pfff. Ces revues me dépriment parce qu'elles sont des icônes de vanité et qu'elles me ramènent à un présent que je connais déjà dans lequel elles se complaisent à coup d'articles vides de contenu au nombre de mots minutieusement calculé. Je pense que j'en ai pour un an à ne pas les feuilleter.
jeudi 6 novembre 2008
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